Maï prend la plume...

02 oct. 2009

Maï prend la plume

Je m'appelle M., et je suis étudiante en fac de lettres. Dans le cadre d'un TD, il m'a été demandé d'écrire une nouvelle, une auto-fiction. Cette page me servira de support, lié à mon blog, pour présenter mon texte avant de les rendre.

Ce travail est un véritable défi pour moi. Mon entourage aime ma façon d'écrire, et j'avoue que je ne comprends pas vraiment, je n'ai pas une plume digne d'un auteur, d'autant que j'ai tendance à bâcler, si j'écris un roman un jour, il aurait tendance à faire 30 pages plutôt que 500 ;) J'ai quelques difficultés à être satisfaite d'un texte que je produis, surtout quand je "force" mon inspiration, et d'autant plus lorsqu'il s'agit d'une fiction.

Pour autant, cet atelier d'écriture m'intrigue, alors je me lance, et nous verrons bien ce que cela donnera.

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03 oct. 2009

Chapitre 1

 Je suis une boite née vide, de ces boites que j'aime à décorer comme des maisons de poupées. Une boite que je remplis quotidiennement d'utile et de superflu.
Je suis une boite. Un paquet cadeau qui a poussé son premier cri une fin d'après-midi de décembre, Noël 1986. J'aimerais dire que je suis venue au monde un soir de neige, et que les grelots et les chants résonnaient dans la ville, mais soyons réalistes, nous ne pouvons pas dire que ce fut le Noël le plus confortable de ma mère. Et je n'ai jamais connu ce Noël chaleureux et féérique qui hante tant de films hollywoodiens, ces sucres d'orges qui pendent à chaque fenêtre, et les cadeaux à foison... Je n'en garde pas moins de souvenirs doux et lumineux de cette fête magique. Mon côté rêveur sans doute...
Je suis une boite "d'abondance", de mon esprit s'enfuient milles-et-un rêves que je poursuis vaguement. Je n'ai besoin d'eux que pour m'aider à m'endormir. Princesse de mes nuits, je me complais dans une illusion faisant de moi une star au soir, fantasme que je n'échangerais pour rien au monde avec la tranquillité discrète de ma vie. Monument la nuit, j'aime à être une petite pierre le jour.

Je suis une boite de Pandore, de mes lèvres s'échappent maux et malheurs : je me plains, je m'énerve, je m'angoisse, j'esquive, je boude... mais tout au fond de moi, l'espoir...
Je suis une boite accueillante, ayez la bonne clé pour m'ouvrir, et vous pourrez y passer des moments doux et reposants.
Je suis une boite magique, regardez-moi ! Chaque détail travaillé de main de maitre ne saura jamais être précisément décrit. Je suis une boite qu'il vous plaira d'ouvrir pour toujours en extraire une nouveauté. Il ne tient qu'à vous de me connaitre...
Je m'appelle M., je suis peut-être votre voisine. Je suis n'importe où, je suis n'importe qui.

 

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07 déc. 2009

Voici donc le texte que j'ai rendu. Je dois avouer que ça n'a pas été évident, j'ai été inspirée pour le premier chapitre qui m'est venu très facilement et que j'ai pu retravailler sans problème, mais ce fut une autre histoire par la suite. Je ne savais pas vraiment de quoi parler, l'histoire d'amour (ou de désamour plutôt) est un thème assez "facile", plutôt bateau, en somme. J'ai dû forcer mon inspiration afin de rendre ce travail dans les temps, ce qui n'est pas forcément la meilleure chose à faire. Alors en fin de compte, ce texte semble plaire à mes proches, mais je n'en suis personnellement pas totalement satisfaite.

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Chapitre 1


Je suis une boite née vide, de ces boites que j'aime à décorer comme des maisons de poupées. Une boite que je remplis quotidiennement d'utile et de superflu.

Je suis un paquet cadeau qui a poussé son premier cri une fin d'après-midi de décembre, Noël 1986. Je ne suis pas venue au monde un soir de neige, les grelots et les chants ne résonnaient pas dans la ville, et ce ne fut pas le Noël le plus confortable de ma mère. Je n'ai jamais connu ce Noël chaleureux et féérique qui hante tant de films hollywoodiens médiocres, ces sucres d'orges qui pendent à chaque fenêtre, et les cadeaux à foison... Il n’y a rien de merveilleux à être née un jour de Noël.

Je suis une boite d'abondance, de mon esprit épuisé s'enfuient milles-et-un rêves que je poursuis vaguement. Je n'ai besoin d'eux que pour m'aider à m'endormir. Princesse de mes nuits, je me complais dans une illusion faisant de moi une star au soir, fantasme que je n'échangerais pour rien au monde avec la tranquillité discrète de ma vie. Monument la nuit, j'aime à être une petite pierre le jour.

Je suis une boite de Pandore, de mes lèvres s'échappent maux et malheurs : je me plains, je m'énerve, je m'angoisse, j'esquive, je boude... mais tout au fond de moi, l'espoir perdure...

Je suis une boite magique, regardez-moi ! Chaque détail travaillé de main de maitre ne saura jamais être précisément décrit. Je suis une boite qu'on ouvre pour toujours en extraire une nouveauté. Il ne tient qu'à vous de me connaitre...

Je m'appelle M., je suis peut-être votre voisine. Je suis n'importe où, je suis n'importe qui.

 

Mon emballage vous semble banal, peut-être attrayant. Ai-je l'air humaine ? Sans aucun doute. Qui oserait imaginer que mon corps ne fonctionne que par mécanismes humains. Si je vis ce n'est que par habitude. Je préfère autant sembler être dans la norme, je ne veux pas faire face aux regards de pitié, m’entendre demander à longueur de temps si je vais bien et si je ne me sens pas seule.

L'être humain est absurde et se laisse submerger par les sentiments, quelle perte de temps ! Je ne vois pas tellement l’intérêt d’aimer une personne qui ne fera que passer dans ma vie, un instant plus ou moins fugace. Je suis un coffre-fort inaccessible. Alors je m’entoure de personnes qui se prétendent mes amis, grand bien leur fasse ! Ceux-ci ne me servent que de faire-valoir. Je collectionne. Je collectionne les amis, les amours, les emmerdes comme disait Charles Aznavour. Chacun est étiqueté, mis en boite soigneusement, tous trouvent leur intérêt pour ne servir qu’une cause : me prêter attention.

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un corps froid sans âme et sans cœur, j’aime. Mais je n’aime que moi. J’aime ce qui brille, ce qui me sublime, j’aime que l’on m’aime. Mais je ne vous aime pas. Je ne vous hais pas non plus. Je m’en fous, c’est tout.


Chapitre 2 


C’était un soir comme les autres. Cette boite de plastique qui me fait office de téléphone avait alors sonné, et on m’avait proposé de sortir. Traduction : nous allions nous entasser en boite de nuit, nous déchainer sur une musique si forte qu’on ne l’entend plus, et boire pour oublier qu’on s’emmerde. J’aurais pu rester dans ma bulle ouatée. Mais c’était une occasion encore de passer pour une personne normale. J’allais encore une fois boire et me défoncer parce qu’on ne s’amuse qu’ainsi. Comme à l’habitude, on me trouverait sympathique et joyeuse sans chercher à voir au-delà de mes frêles apparences.


C’est alors que je l’ai rencontré.

 

Je n’ai pas pour habitude de discerner les gens : dans un élan de timidité, je les laisse venir à moi. Cette fois pourtant, quelque chose interrompait la linéarité de cette soirée. Il avait en lui quelque chose d’époustouflant, un charme inquiétant et fatal.

 

Ce n’était pas un soir comme les autres. 

C’est le soir où IL est entré dans ma vie.



Chapitre 3 


Beaucoup ont continué à raconter l’amour, moi je ne m’y attarderai pas. L’amour, c’est comme une boite à musique : on est heureux, et cette petite mélodie stupide ne te quitte pas, mais tu n’entends plus ce qui se passe dehors. C’est une boite à épices qui t’enivre quand tu l’ouvres. Mais le temps défile sur le boitier d’une montre éternelle que personne n’arrête. Très vite, je me suis laissé emporter, très vite, je me suis lassé. L’amour est éphémère, chez moi plus que quiconque.

Séduite, tout me semblait vivant. La boite de vitesse de mon cœur accélérait comme jamais. Ne pouvant plus vivre qu’avec lui, nous nous étions installés ensemble. Nous ignorions que nous nous installions avec la routine.

 

L’amour, c’est une boite de spaghetti que tu ouvres chaque semaine, toujours la même. C’est une boite à image que tu fais hurler chaque soir pour ne pas avoir à discuter. Discuter de quoi ? De toute façon on n’a rien à se dire. L’amour, c’est gueuler quand l’autre a deux minutes de retard : « t’étais où ? ». Peu à peu nos messages laissés sur la boite vocale de l’autre ne sont plus niais et heureux, ils sont utiles : « n’oublie pas le pain en rentrant », tu l’as oublié. Une engueulade encore. C’est se coucher chaque soir auprès de quelqu’un, et se réveiller encore à ses côtés, c’est ne pas se dire « je t’aime » qu’en guise de « bonne nuit ». L’amour, c’est une boite à couture qu’on ouvre sans cesse pour raccommoder notre couple.

 

La vie était devenue une succession de surprises, de trésors que je retirais d’une vieille malle dont j’ignorais auparavant la valeur. Cette malle, je l’ai relégué au grenier, encore une fois.

De boite à musique, notre vie devient une boite à rythme, un rythme que l’on suit par habitude. Je pensais qu’IL m’avait sauvé des mécanismes quotidiens. IL était une boite de crayons qui avait coloré ma vie. Mais on a reculé main dans la main pour mieux sauter.

Nous avons supporté tellement de rancœur, tellement de non-dits. J’aimais à imaginer que s’IL était encore là, c’est qu’IL était comme moi. On s’ennuierait ensemble longtemps encore car il vaut mieux le faire à deux. Je le considérais comme un acquis. Mais si je n’étais qu’une boite vide, lui était une boite pleine qui devait exploser un jour.



Chapitre 4 


Ses cartons sont entassés dans le couloir. « Je te quitte ». C’est tout. Trois mots qui veulent tout dire, et rien à la fois. Trois mots qui mettent fin à tout. Je ne me bats pas, je reste là, les bras ballants. Je le regarde descendre un carton, un autre, et encore un autre, sans bouger.

IL se campe devant moi et cherche mon regard. « Réagi ! » me dit-il. Je me détourne de lui. Il articule quelques mots que j’attrape au vol sans savoir qu’en faire. Je suis la personne la plus froide qu’il connaisse, il a essayé de vivre ainsi mais il ne peut plus continuer. Il a rencontré quelqu’un. Elle l’aime pour ce qu’il est, et non ce qu’il lui apporte. Il ne peut continuer à me mentir.

J’ouvre la bouche pour le retenir, lui dire qu’il se trompe et que je l’aime, mais je ne parviens qu’à lui dire qu’il s’en aille, tant mieux. Si c’est cette vie qu’il veut, une petite femme tranquille, « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », alors effectivement je ne suis pas la bonne personne. De toute façon, je m’ennuyais avec lui. 

IL me jette un regard douloureux et claque la porte.

Voilà… 

C’est fini.



Chapitre 5 


J’ai voulu l’oublier, mais la boite noire de ma boite crânienne n’en fait qu’à sa tête.

Je l’ai enfermé petit à petit dans une boite en carton devenue boite de conserve à souvenirs.

Le boitier insignifiant d’un appareil photo nous a souvent mitraillé, je jette ces clichés de papier glacé un à un, quelques quelconques souvenirs, ses cadeaux… La boite de cartons devient boite postale des lettres qu’IL m’a écrit. 

Tiens, sur cette photo IL me regarde déjà en souriant, la nuit de notre rencontre. Le ticket d’entrée de la boite, je n’aurais jamais imaginé avoir conservé ça.

Et celle-ci, notre premier baiser. La première lettre qu’IL m’a envoyée, je lui manquais déjà écrivait-il.

Quelques mèches de cheveux saintement préservées lorsqu’IL a coupé ses cheveux longs, cela faisait un mois qu’IL m’aimait.

Le premier bijou qu’il m’a offert à cette occasion, un bracelet de breloques. Pas du tout mon style. Un collier en toc, c’est l’attention qui compte. Ma boite de cartons devient boite à bijoux.

Nos deux mois, un week-end à Paris. Le ticket de la Tour-Eiffel, et la note de l’hôtel. Hors de prix. C’est Paris. Les Invalides, le Panthéon et la Sorbonne, L’Arc de Triomphe, l’Elysée et les Champs-Elysées…

Des vacances dans le Sud, un goût d’eau salé sur ses lèvres et une photo de nous aux couleurs d’un coucher de soleil. Biarritz, Pau, Montpellier, Aubagne. La mer si bleue vu des falaises de La Ciotat.

Des tirages qui s’accumulent comme des preuves de nos instants à deux, faible ersatz de la réalité.

 

Une rentrée chaotique, quelques lettres et quelques mots qu’il me laissait sur la table en partant le matin. Un petit dej au lit, sur le plateau une fleur. Une fleur désormais fanée.

Nos six mois, un cœur, pendentif discret, à porter autour de mon cou. Un resto aux chandelles et nous deux, main dans la main pour faire comme les autres, souriant « forcé » sous les airs de l’accordéon incontournable dans tout restaurant romantique.

Une peluche ancienne. Un peu de douceur. Une montre que j’ai cessé de remonter.

Encore une lettre, et une complainte, je ne lui écris jamais.

Un cadeau de Noël, mon parfum. Chanel N°5.

La plume d’un oiseau ramassée par terre lors du réveillon. Une bouteille de champagne vidée au goulot.

Le cliché de son bonhomme de neige, deux bouts de bois en guise de bras et une carotte à la place du nez. « C’est toi en moins jolie ». Oui, c’est moi, tout aussi gelée. Mais sans le cœur qu’on a glissé entre mes côtes.

Une rose pour nos « un an ». Elle a fané, comme son amour. Voulait-il me prévenir ?

Un paquet de tabac entamé et oublié.

Un paquet de malabar qu’IL a laissé derrière lui, IL sait que j’adore ça.

Et des clés. Ses clés. Ces clés de l’appart qu’IL n’utilisera plus.

J’en ai fais une relique et je l’ai mis en boite, morceau par morceau. Puis elle a grandi, grossi. Elle est devenue encombrante. Je l’ai brûlé.

 

J’aurais aimé en faire autant avec lui.

Posté par Mycroft_ à 09:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]